Öoo: la perfection est donc de ce monde

Bien peu de jeux sont exempts de défauts, et Öoo (2025) fait partie des rares exceptions à cette règle.

Prenez des notes: il suffit apparemment de trois larrons pour réussir un coup pareil. Hachinos (pixel art), Tsuyomi (OST) et Nama Takahashi (lead designer), ont accouché ensemble de Öoo, un puzzle platformer 2D succédant à ElecHead (2021) et que vous bouclerez en 2 à 3 heures en fonction de l’état de vos connexions neuronales — je suis plus proche de la borne supérieure, et croyez bien que je le déplore.



Cinq secondes avant le drame


Vous incarnez une adorable chenille qui fait « bloup bloup » en se déplaçant et se retrouve malencontreusement gobée par un oiseau au sortir de sa maison. Votre objectif est de vous évader de son tube digestif étonnamment bien agencé en kidnappant des mouches à offrir aux grenouilles qui vous barrent la route. C’est tout ce que vous avez besoin de savoir. En fait, j’en ai déjà trop dit. La direction artistique naïve propose des tableaux et des PNJ pratiquement monochromes et pourvus, par conséquent, d’une irréprochable lisibilité. Cocasse et cristallin, le sound design typiquement chiptune vous enjouera juste ce qu’il faut pour ne pas vous détourner de la résolution des énigmes. En somme, toute la production est remarquablement cohérente et favorable à la clarté exigée par l’action.

Rien qui suffise cependant à ce qu’un jeu puisse tutoyer les dieux. Non, tout le génie d'Öoo réside dans son game design impeccable, qui extrait la moindre goutte de profondeur regorgeant de sa principale mécanique: deux petites bombes qui vous collent au train comme une extension de votre corps et donnent sa morphologie au titre du jeu (regardez bien, le « Ö » est la tête). Vous trouverez la première dès vos premiers pas dans la boyasse du piaf, et la seconde plus tard dans l’aventure. Vous comprendrez rapidement la richesse des puzzles offerts par ces deux rondelets explosifs: soumis à la gravité, ils peuvent bondir, tomber, activer des plaques de pression, vous propulser ou encore se percher sur votre tête. L’ensemble suffit à faire émerger des casse-têtes complexes mais toujours compréhensibles, exigeant de réfléchir à son approche tout en exécutant ses déplacements promptement et au pixel près.



Vous allez vous arracher les cheveux
et y prendre un malin plaisir


Bijou de pédagogie, Öoo brille par sa sobriété: en dehors du strict minimum requis par les menus, aucun fichu mot, aucune foutue lettre ne pollue l’écran. Quel pied. Et malgré cette complète absence d’indications explicites, les développeurs vous guident organiquement à travers les niveaux grâce à un level design toujours limpide, y compris lorsqu’il pimente la plateforme et les énigmes en détournant les points de passages ou les transitions entre les tableaux.

Couillard

Jouer la carte du minimalisme n’est certes pas la voie la plus escarpée vers la perfection. Mais un petit joyau reste un joyau, et la liste n’est pas si longue. Aussi vais-je éviter de me perdre en bavardages sur un jeu aussi pudique, ce serait presque indécent: jouez à Öoo, c’est un diamant de la plus belle eau.


Note : 2Öoo/20


Couillard

Conditions du test

Version: PC, Steam
Configuration: GeForce RTX 4070 SUPER, AMD Ryzen 5 7500F 3.7 GHz, 32Go RAM
Langue: anglais (mais si vous avez bien lu, vous savez que ça n’a aucune importance)
Paramètres graphiques: 1440p
Difficulté: pas de mode de difficulté
Périphérique: manette

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